Archiver dans la catégorie ‘Sociologie de la santé’
Le langage social des émotions
Vient de paraitre : Fabrice Fernandez, Samuel Lézé, Hélène Marche, Le langage social des émotions. Etudes sur les rapports au corps et à la santé, Economica – Anthropos, collection “Sociologiques”, Paris, 2008, 426 pages.
Texte de présentation
Cet ouvrage propose une introduction vivante à un domaine de recherche longtemps délaissé par les sciences sociales : les émotions, qui loin de se réduire à une réalité exclusivement intérieure, sont aussi des composantes essentielles de notre vie sociale.
Le champ de la santé est un observatoire privilégié pour déchiffrer, par l’étude des rapports de force qui se glissent au cœur de notre vie intime, le langage social des émotions. Selon les situations et les interactions, comment s’opère le contrôle des sensations et des expressions corporelles et quelles significations sont attribuées à nos émotions dévoilées ? Quel type de travail émotionnel est mis en oeuvre par les professionnels et par les profanes, et surtout quelle relation de pouvoir révèle-t-il, dans ces espaces où le corps nous rappelle sans cesse notre vulnérabilité (hôpitaux, maisons de retraite, pompes funèbres, etc.) ?
S’appuyant sur des études de cas circonscrites, de situations diversifiées depuis la prise en charge du cancer, de la psychose ou de la vieillesse jusqu’aux expériences de sortie de toxicomanie ou du traitement de la mort, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage, sociologues et anthropologues, dévoilent, à partir de leurs matériaux de recherches respectifs, ce rôle pivot des émotions, révélateur des tensions qui parcourent la société toute entière.
Sommaire
Introduction.
Les nouvelles conduites émotionnelles comme enjeu de sciences sociales
Fabrice Fernandez, Samuel Lézé et Hélène Marche.
Première partie
La mise en forme des émotions
Le travail émotionnel à l’épreuve de la transformation du système de soins
Marcel Drulhe
Émotions et sentiments dans le travail de soin professionnel et profane
Michel Castra et Geneviève Cresson
Le contrôle des émotions au travail. Le cas des infirmières hospitalières et des policiers de voie publique
Marc Loriol et Sandrine Caroly
Le travail émotionnel et l’expérience du cancer. Un détour par les usages sociaux du rire
Hélène Marche
Émotions et interactions dans les pompes funèbres. Les ambivalences de l’intéressement
Julien Bernard
De la négation à la revalorisation. Quelques enjeux de la prise en charge des émotions en chambre mortuaire
Judith Wolf
Seconde partie
L’objectivation des états émotionnels
Hôpital silence ! Le travail émotionnel des soignants
Catherine Mercadier
Tour de vaisselle et compassion. L’implication des bénévoles dans un dispositif de séjour pour personnes âgées
Gérard Rimbert
Réfléchir l’écho psychotique. Notes sur l’usage de la psychanalyse dans un hôpital de jour pour adolescent
Samuel Lézé
Soutien psychologique et culture du risque. Deux réponses institutionnelles contraires face aux émotions de la catastrophe
Julien Langumier
« Dépasser les mots ». Étude sur le pouvoir des émotions au sein d’une fraternité de dépendants
Fabrice Fernandez
La mise en texte. Approche anthropologique des décès d’enfants dans quelques autobiographies contemporaines
Yannick Jaffré
Contact : fabricefernandez@yahoo.fr (ou fabrice.fernandez@ehess.fr)
Illustration : arnalsarah@yahoo.fr
L’épreuve du cancer
Dans la tourmente toulousaine, Hélène Marche soutient sa thèse. Retenons notre souffle. Y’aura-t-il des tortillas aux pommes de terre et oignons, des pains au thon et aux courgettes, aux tomates champignons et oignons, des cakes aux lardons et olives? Nous l’espérons. En attendant faisons lui une place au chaud sur le banc des « jeunes et beaux » diplômés. Sans doute, une nouvelle pierre à l’édifice de la sociologie des émotions sera rendu publique ici, espérons que cette aventure se poursuive comme elle a commencé. Dans la bonne humeur sociologique.
Hélène Marche a le plaisir de vous annoncer la soutenance publique de sa thèse de sociologie intitulée : Le travail relationnel au cœur de l’expérience du cancer Mises en forme ordinaires et institutionnelles de cette épreuve
Le vendredi 3 juillet à 9h00, Université Toulouse 2 Le Mirail, Maison de la Recherche, salle D 29.
Devant un jury composé de : Marcel Calvez Danièle Carricaburu Marcel Drulhe (dir.) Eric Gagnon Pascale Grosclaude François Sicot
La soutenance sera suivie d’un pot. Résumé de thèse : Dans un contexte de transformation des institutions et des techniques médicales, la qualité de la vie des malades est devenue l’objet d’une attention croissante, tant dans le domaine de la santé publique que dans celui du monde oncologique. À l’enjeu de la participation des malades et de leurs proches à la prise en charge proposée, s’ajoutent ceux de la personnalisation des soins et de la qualité de la relation au patient. Partant de l’analyse inductive d’une enquête ethnographique menée dans des services de cancérologie et d’aide au maintien à domicile, ainsi que d’entretiens effectués avec des patients, des proches, des professionnels et des bénévoles, cette thèse vise à mettre en perspective l’expérience du cancer au regard des ressources que les malades mobilisent pour la contrôler et le travail relationnel mis en œuvre par les professionnels du monde oncologique. Quelles instances normatives apparaissent dans la construction sociale de l’expérience du cancer, que ce soit dans le monde médical ou dans celui de la vie ordinaire ? Quelles sont les tactiques mobilisées par les malades, leurs proches, les médecins et les soignants dans la négociation du contexte de cette expérience ? Le travail relationnel des professionnels est-il en correspondance avec les mises en forme profanes de l’expérience du cancer ? L’analyse révèle les formes de relations possibles entre patients, proches et soignants et les figures de l’adversité, consensuelles ou hétérogènes, qui s’y déploient, tout en mettant en évidence l’enjeu de pouvoir que constitue le contrôle social de l’épreuve de la maladie grave.
MOTS-CLÉS : Cancer, expérience, corps, travail relationnel, normalisation, émotions, contrôle social.
Corps et sciences sociales: à vos agendas!
- « Corps » et sciences sociales -
Présentation critique d’ouvrages
en présence de leurs auteurs
Florence Bellivier (professeur de droit, université Paris 10)
Dominique Memmi (directrice de recherche en science politique et sociologie, CNRS)
coordonnateurs de la MSH Paris Nord
le vendredi de 10 h à 13 h
Entrée libre et gratuite
Ce séminaire vise à rendre raison d’un phénomène en soi déjà significatif : le flot d’ouvrages consacrés, depuis quelques années, aux questions du corps, de la santé, et de l’administration du vivant. En optant pour un cadre temporel limité (concernant au mieux les 50 dernières années, au plus les deux derniers siècles) et pour les seuls ouvrages de sciences sociales, on s’efforcera de mettre en valeur, par delà les singularités apparentes et les frontières disciplinaires, les questions et les préoccupations qui courent sourdement d’un ouvrage à l’autre mais aussi les éventuels impensés et aveuglements communs qui imprègnent une humeur du temps singulièrement soucieuse du destin du corps et du biologique. Ces séances 2008 /2009 se font sous l’égide conjointe de la MSH Paris Nord et du Programme de recherche international « Médecine, santé et sciences sociales » de la Fondation Maison des sciences de l’homme (Paris).
LIEU :
54 bd Raspail
75006 Paris
Métro : Sèvres-Babylone
(1) 3 octobre 2008 (salle 015) Bébés et foetus
Yvonne Knibiehler, Accoucher. Femmes, sages-femmes et médecins depuis le
milieu du XXème siècle, Paris, Ed . ENSP, 2007.
Jacques Gélis, Les enfants des limbes. Mort-nés et parents dans l’Europe
chrétienne, Paris, Audibert, 2006.
Lecteurs : Clarisse Carrière et Magali Molinié
(2) 7 novembre 2008 (salle 214) Morts et cadavres
François Michaud Nerard, La révolution de la mort, Paris, Vuibert, coll.
Espace Ethique, 2007.
Catherine Legrand-Sébille, Anne Vega, Pour une autre mémoire de la
canicule, Paris, Vuibert, 2005.
Lecteurs : François Houarau et Virgine Blum
(3) 5 décembre 2008 (salle 015) Urgences de la médecine
Jean Peneff, La France malade de ses médecins, Paris, Les empêcheurs de
penser en rond, 2005, avec retour sur :
Jean Peneff, Les malades des urgences, Paris, Métailié, 2000
Jean Peneff, L’hôpital en urgence, Paris, Métailié, 1992
Lecteur : Yann Faure
(4) 9 janvier 2009 (salle 214) Les professionnels de la médecine
Emmanuelle Godeau, L’« esprit de corps ». Sexe et mort dans la formation
des internes en médecine, Éditions de la MSH, collection Ethnologie de la
France, Paris, 2007
(Sous réserve) Avec projection de : Ordre et désordre à l’hôpital. L’internat en
médecine, (1803-2002), DVD, 2003, APHP /ENSP-Rennes, 17 mn.)
Pierre Aïach, Dominique Cèbe, Geneviève Cresson, Claudine Philippe (dir.),
Femmes et hommes dans le champ de la santé. Approches sociologiques,
Paris, éd . ENSP, 2001.
Lecteurs : Alain Giami et Séverine Lacombe
(5) 6 février 2009 (salle 214) Les manières de jouir
Alain Corbin, L’harmonie des plaisirs. Les manières de jouir du siècle
des Lumières à l’avènement de la sexologie, Paris, Perrin, 2008.
Lecteur : Alain Giami
(6) 6 mars 2009 (salle 214) La nudité
Arnaud Baubérot, Histoire du naturisme. Le mythe du retour à la nature,
Paris, Presses Universitaires de Rennes, 2004.
Sylvain Villaret, Histoire du naturisme en France depuis le siècle des
Lumières, Paris, Vuibert, 2005.
Lecteurs : Jean-Pierre Warnier et Sonny Perseil
(7) 3 avril 2009 (salle 214) Sexe et genre
Eric Brian, Marie Jaisson, Le sexisme de la première heure. Hasard et
sociologie, Paris, Raisons d’agir, 2007.
Irène Théry, La Distinction de sexe. Une nouvelle approche de l’égalité,
Paris, Odile Jacob, 2007.
Lecteurs : Camille Froidevaux et Florence Bellivier
(8) 15 mai 2009 (salle 214) Intolérable et traumatisme
Didier Fassin et Richard Rechtman, L’empire du traumatisme. Enquête sur la
condition de victime, Paris, Flammarion, 2007
Didier Fassin et Patrice Bourdelais (dir.), Les constructions de
l’intolérable. Etudes d’anthropologie et d’histoire sur les frontières de
l’espace moral, Paris, La découverte, 2005.
Lecteurs : Fabienne Soldini et Paul Canarelli
(9) 12 juin 2009 (salle 214) Corps et politique
Jean-Pierre Warnier et Jean-François Bayart, (dir.) Matière à politique. Le pouvoir, les
corps et les choses, Paris, CERI-Karthala, 2004
Jean-Pierre Warnier, Le roi-pot, Paris, Karthala, 2008 (à paraître)
Lecteurs : Alexandre Piettre et Sébastien Lemerle
La santé des immigrés
Vient de paraître à l’IRDES :
La santé perçue des immigrés en France. Une exploitation de l’enquête decennale santé 2002-2003
Paul Dourgnon, Florence Jusot, Catherine Sermet, Jérôme Silva
Selon les données de l’enquête décennale santé menée par l’INSEE en 2002-2003, les personnes d’origine étrangère vivant en France se déclarent en moins bon état de santé que les Français nés en France. Les conditions socio-économiques dégradées de ces populations expliquent en partie leur plus mauvaise santé perçue. Mais on observe également des différences d’état de santé selon les pays d’origine, liées au niveau de développement de ces derniers. Ainsi, les personnes originaires des pays les plus riches déclarent un meilleur état de santé que les personnes originaires des pays de niveau de développement moyen, suggérant un effet à long terme de la situation sociale et sanitaire du pays de naissance sur l’état de santé. Les personnes originaires des pays les plus pauvres déclarent également un meilleur état de santé que les personnes originaires des pays de niveau de développement moyen, ce qui peut s’expliquer par une sélection à la migration plus marquée dans ces pays. Enfin, il ne semble pas y avoir de différence d’état de santé entre les immigrés étrangers et ceux ayant été naturalisés.
Pour télécharger gratuitement ce bulletin : http://www.irdes.fr/Publications/Qes/Qes133.pdf