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Relire Foucault
LA RENCONTRE DES FOLIES
COLLOQUE INTERNATIONAL
CULTURE PSYCHIATRIQUE ET CULTURE JUDICIAIRE
15 ‘ 16 septembre
Grande Halle / Parc de la Villette / Métro Porte de Pantin
9h30 à 18h – Entrée libre Information : 01.40.03.75.75
Prise en charge possible dans le cadre de la formation professionnelle.
Contact : Association TranSFaire
Tel : 01 53 69 08 80 / Fax : 01 53 69 09 99
Dans le cadre de l’Année Européenne du Dialogue Interculturel, le Parc de la Villette organise un grand colloque international portant sur la santé mentale en Europe. A partir de l’oeuvre de Michel Foucault, d’éminentes personnalités du monde psychiatrique, judiciaire et philosophique, s’interrogent sur les notions de responsabilité pénale et de dangerosité dans la société contemporaine.
Ce colloque sera ponctué d’interventions théâtrales mises en scène par Laurence Février qui s’appuiera sur des interviews d’usagers et de personnel de la santé faites dans des hôpitaux psychiatriques.Avec Robert Badinter, Elisabeth Roudinesco, Colin Gordon, Frédéric Gros, Anneke Bolle, Claude Finkelstein, Frédéric Chavaud, Daniel Zagury, Thierry Levy, Denis Salas, Juge E. Ormston, Alain Boulay, Françoise Digneffe, Mario Colucci, Claude-Olivier Doron, Jean-Olivier Viout et le soutien de la Commission européenne, dans le cadre de « 2008 – Année Européenne du Dialogue Interculturel »
Colloque international
Culture psychiatrique et culture judiciaire : relire Michel Foucault
15-16 septembre 2008

avec Robert Badinter, Elisabeth Roudinesco, Colin Gordon, Frédéric Gros, Anneke Bolle, Claude Finkelstein, Frédéric Chavaud, Daniel Zagury, Thierry Levy, Denis Salas, Juge E. Ormston, Alain Boulay, Françoise Digneffe, Mario Colucci, Claude-Olivier Doron, Jean-Olivier Viout.
Programme/Program
Lundi 15 septembre
Foucault et la folie / Foucault and Madness L’expertise psychiatrique / The Psychiatric Examination
Mardi 16 septembre
La responsabilité pénale des malades mentaux / Criminal Responsibility of Mentally Disabled People La « dangerosité » : surveiller et soigner / Dangerosity : Discipline and Cure
Culture psychiatrique et culture judiciaire : Pourquoi relire Foucault aujourd’hui ?
Depuis le 19ème siècle, par le détour de l’expertise psychiatrique, la psychologie de l’inculpé se retrouve au cœur des débats judiciaires. La justice examine à la fois des actes dont le caractère délictueux doit être établi, et des sujets dont la responsabilité doit être évaluée. Aujourd’hui, la prise en compte accrue du ressenti des victimes et des peurs de la société réinterroge les rapports entre le domaine pénal et le domaine médical. De ces rapports toujours instables et conflictuels, Michel Foucault a fait l’histoire ; une histoire qui vise à déranger nos partages trop évidents, nos certitudes prétendument immémoriales. Si le code pénal a évolué, les questions posées par le philosophe à cette entrée du savoir psychiatrique dans le pouvoir judiciaire restent d’actualité : à quelle légitimité prétend l’expertise psychiatrique ? Jusqu’où la justice doit-elle se préoccuper de la psychologie des individus ? A quelles stratégies répond le suivi socio-judiciaire des malades jugés « dangereux » ? Ces trois questions seront abordées au cours d’un colloque qui ne se propose pas tant de commenter Foucault, que d’utiliser certaines de ses grilles de lecture pour analyser l’inquiétude actuelle des professionnels et des usagers. A l’heure où la santé mentale devient un enjeu de la politique commune européenne, ce colloque se veut international. Mais pourquoi revenir aujourd’hui à une pensée qui a accompagné les combats d’hier, liés à un contexte médical différent, comme ceux de l’antipsychiatrie ? Publié en 1961, L’Histoire de la folie est devenu un ouvrage classique, au risque d’être classé, comme un monument. Sa thèse principale semble aussi connue que contestée. L’actualité éditoriale internationale nous invite cependant à souffler la poussière accumulée. Dans les pays de langue anglaise, ce n’est que l’an dernier que le grand public a pu accéder à la première traduction intégrale de L’Histoire de la folie. A travers le monde, la publication des cours au Collège de France, entamée en France en 1997, a profondément renouvelé notre approche de l’oeuvre foucaldienne. Au sein de ce corpus foisonnant, les deux cours consacrés à la psychiatrie (1973-1974 : Le pouvoir psychiatrique et 1974-1975 : Les anormaux) opèrent des déplacements importants par rapport au travail inaugural de 1961. Pour une jeune génération de chercheurs, relire Foucault a d’abord été synonyme de l’entendre pour la première fois. Par ailleurs, le philosophe français a été particulièrement sensible à la dramaturgie de la folie qui a habité notre culture, de Calderon à Artaud. Le lieu même de La Villette nous invite à honorer cet aspect, en offrant la possibilité, conjointement au colloque, de découvrir les oeuvres réalisées par Yayoi Kusama et d’entendre les paroles collectées par Laurence Fevrier, comédienne et metteur en scène.
Comité scientifique
- Philippe Artières, Historien, chargé de recherche LAHIC-CNRS
- Daniel Defert, Sociologue, maître de conférences à l’université Paris VIII
- Claude Finkelstein, Présidente de la Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-patients en Psychiatrie
- François Gibault, Avocat à la Cour d’appel de Paris
- Tim Greacen, Psychologue, directeur du laboratoire de recherche de l’EPS Maison Blanche
- Frédéric Gros, Philosophe, professeur à l’université Paris XII
- Jean-Louis Senon, Psychiatre, professeur à la Faculté de Médecine, Université de Poitiers
Programme provisoire – sous réserve de modificationLundi 15 septembre :
1.Foucault et la folie
- 09h30 Lecture de la préface à L’Histoire de la folie (1961) (Laurence Février)
- 09h45 Mme Elisabeth Roudinesco. « Michel Foucault à l’heure des nouvelles pratiques psychiatriques » »
- 10h30 DUO : M. Colin Gordon (GB) et M. Frédéric Gros. « L’Histoire de la folie : un livre en débat. »
- 11h15 Lecture d’un texte de Michel Foucault. (Laurence Février)
- 11h30 Maître Robert Badinter. « Justice et psychiatrie à l’aube du XXIème siècle. »
- 12h00 Débat
- 12h30 Pause
2.L’expertise psychiatrique en questions
- 14h00 « Culture psychiatrique et culture judiciaire : inquiétudes en Europe » – Table ronde avec quatre représentants d’associations européennes d’usagers de la psychiatrie : Mme Anneke Bolle (Pays-Bas), Pologne, Portugal, France. – Animation : Mme Claude Finkelstein (France) – intervention des acteurs de Laurence Février
- 15h00 M. Frédéric Chauvaud. L’expertise psychiatrique chez Michel Foucault.
- 15h30 Questions du public
- 15h45 Pause
- 16h00 Dr. Daniel Zagury. Pratiques et risques de l’expertise.
- 16h45 Maître Thierry Levy. Droits de la défense et savoir du crime.
- 17h15 Table ronde finale ‘ questions du public
- 18h00 Fin
Mardi 16 septembre :
3.La responsabilité pénale des malades mentaux
- 09h30 Ouverture
- 09h45 M. Denis Salas. « Juger ou ne pas juger : réflexions sur le non lieu et le biopouvoir »
- 10h15 Juge E. Ormston (Canada). « Toronto’s exemplary Court of Mental Health »
- 10h45 Intervention des acteurs de Laurence Février
- 11h00 DUO : parole des usagers de la psychiatrie / parole des victimes de crimes Mme Claude Finkelstein et M. Alain Boulay
- 11h45 Table ronde générale ‘ questions du public
- 12h30 Pause
4.La dangerosité : surveiller et soigner
- 14h00 Mme Françoise Digneffe (Belgique). « Généalogie du concept de dangerosité »
- 14h30 Intervention des acteurs de Laurence Février
- 14h45 Dr. Mario Colucci (Italie). « La dangerosité en psychiatrie : la réponse italienne »
- 15h15 Questions du public
- 15h30 Pause
- 15h45 M. Claude-Olivier Doron. « Délinquance sexuelle et dispositifs de sécurité ».
- 16h30 M. Jean-Olivier Viout. « Moyens et ambiguïtés du suivi socio-judiciaire »
- 17h00 Table ronde finale ‘ questions du public
- 18h00 Fin.
Pauvreté et exclusion

Le rapport de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale. 2007-2008.
Le cinquième rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale(ONPES) rend compte des évolutions de la pauvreté sur le long terme ainsi que sur la période récente. Le taux de pauvreté monétaire n’a pas augmenté de manière significative depuis les constats de son précédent rapport constate l’Observatoire, néanmoins, il ne diminue plus depuis 2002 et on constate une augmentation de l’intensité de la pauvreté. L’Observatoire a également souhaité compléter le diagnostic sur la pauvreté par une analyse de l’évolution des inégalités de revenus, ces deux approches étant complémentaires. La pauvreté est inégalement répartie sur l’ensemble du territoire. Le rapport présente une carte de France par département des taux de pauvreté qui fait apparaître des territoires particulièrement défavorisés dans le nord et l’est, sur le pourtour méditerranéen et dans les départements d’outre-mer. Un second volume, intitulé Les Travaux de l’Observatoire, est destiné à rendre accessible à ceux qui le souhaitent l’ensemble des études effectuées pour l’Observatoire et qui ont contribué à nourrir le rapport …
Les détenus et leurs proches
Rencontre débat, le 20 mai 2008 de 19h à 20h30, avec Gwénola Ricordeau , auteur de LES DÉTENUS ET LEURS PROCHES, Solidarités et sentiments à l’ombre des murs.
En présence de Abel-Hafed Benotman.
Café “Le lieu dit”6 rue Sorbier
Métro Ménilmontant ou Gambetta
LES DÉTENUS ET LEURS PROCHES
Solidarités et sentiments à l’ombre des murs
Gwénola Ricordeau
Autrement,
Collections
Mutations
272 pages – 22 €
Mise en vente le 11 avril 2008

Le livre
Ce livre aborde un thème rarement évoqué dans les recherches, les documentaires ou les débats sur la prison : les proches des personnes détenues. Ils sont pourtant plus d’un demi-million en France a avoir un parent, un conjoint, un enfant, un frère ou une sœur en prison. L’enquête de terrain s’est déroulée sur plusieurs années. Elle s’est d’abord effectuée auprès d’anciens détenus ayant été incarcérés pour des durées très variables, et libérés depuis plus ou moins longtemps, puis auprès de personnes détenues. Cinq établissements pénitentiaires (Bapaume, Caen, Pau, Clairvaux, Les Baumettes) ont été retenus pour leur diversité : taille, localisation, régime carcéral et profil de la population carcérale. L’auteur y a rencontré des hommes, des femmes, quelques mineurs, des prévenus, des condamnés et quelques « innocents », des français et des étrangers. Les types de délits ou crimes (et de longueur de peine) étaient très divers. Des expériences de la prison très différentes sont donc évoquées : de celle d’Estelle, jeune primaire, consommatrice d’héroïne, incarcérée depuis trois jours à la maison d’arrêt de Pau… à celle de Frédéric, 41 ans, en prison depuis dix-neuf ans, ancien évadé et libérable en 2044. Enfin, des proches (des compagnes, des parents, des enfants) de détenus ont été interviewés, souvent dans des structures d’accueil des visiteurs (de jour et de nuit). Le plan de l’ouvrage se déroule de l’entrée en détention à la sortie et la réinsertion. Ces différents « moments » sont l’occasion d’aborder des stades de la vie privée des détenus et de leurs proches, leurs modes de communication : le parloir, la correspondance, le téléphone, mais aussi l’argent, les pratiques sexuelles, le travail… et tout ce qui se joue là pour la vie conjugale, l’éducation des enfants ou la position sociale. Abondamment appuyé sur des extraits des entretiens recueillis par l’auteur et sur son journal de terrain, le livre porte un regard critique sur le traitement, par le système pénitentiaire, des personnes détenues et de leurs proches. Une annexe présente une bibliographie et des documents pour aller plus loin, un lexique et la liste des personnes interrogées.
L’auteur
Gwénola Ricordeau est docteure et chercheuse en sociologie. Cette enquête est tirée de sa recherche effectuée pour sa thèse soutenue en 2005. Ses travaux portent notamment sur le monde carcéral, les liens entre les détenus et leurs proches, la sexualité et l’intimité en prison. Elle enseigne à l’Université Lille-III et a participé à de nombreux colloques. Auteur d’articles scientifiques, en particulier sur la prison, c’est sa première publication.
Préface de Abel-Hafed Benotman Abel-Hafed Benotman est notamment l’auteur de Les Forcenés (2000), Éboueur sur échafaud (2003) et Marche de nuit sans lune (2008), tous édités chez Rivages.
Lorna Rhodes
Lorna Rhodes, que nous avons modestement contribué à faire connaître à un public francophone (cf. Fernandez F., Lézé S., « Punir jusqu’à la lie », L’Homme, Revue française d’anthropologie, n°180) vient à Paris pour un cycle de conférences. Voici les dates de ces interventions :
Iris, Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux
Lorna Rhodes
directrice d’études invitée à l’EHESS
Mercredi 26 mars, de 14 à 18h, salle 1, 105 boulevard Raspail
Devenir un cas pour soi-même. Le confinement en quartier de haute sécurité et le rêve d’une citoyenneté psychiatrique dans le cadre du séminaire Retour sur les inégalités sociales du PRI Médecine, Santé, Sciences sociales et du PPF Santé, Soins, Politiques sociales (au cours de cette séance, Richard Rechtman interviendra aussi sur le handicap psychique)
Mercredi 2 avril, de 11h à 13h, salle 7, 105 bd Raspail
Les quartiers de haute sécurité états-uniens et la trajectoire de l’exception dans le cadre du séminaire de Didier Fassin Travail moral et sens politique
Mercredi 16 avril, de 15h à 17h, salle 8, 105 bd Raspail
Racialisation et univers pénitentiaire aux Etats-Unis. Des statistiques à l’ethnographie dans le cadre du séminaire de Didier Fassin et Eric Fassin La racialisation en question. Constructions nationales et circulations transnationales
Les exposés seront en anglais, mais feront l’objet d’une traduction en français. Professeur d’anthropologie à l’Université de Washington, Seattle, Lorna Rhodes est l’une des meilleures spécialistes du monde psychiatrique et de l’univers carcéral aux Etats-Unis. Elle a notamment publié Emptying Beds. The World of an Emergency Psychiatric Unit (University of California Press, 1991) et Total Confinement. Madness and Reason in the Maximum Security Prison (University of California Press, 2004)


Elle interviendra par ailleurs le mardi 1er avril au soir à la MSH dans le cadre de la rencontre mensuelle du Groupe interprofessionnel des prisons. Elle est également désireuse de rencontrer des étudiants et des chercheurs travaillant sur l’univers carcéral en France.