L’épreuve de l’injustice
mai 4, 2008
Université de Fribourg
« Si le mot “inégalité” ne vous fait pas tressaillir, peut-être serez-vous plus sensibles au mot “injustice” ». Ainsi commençait en mars 2006 un appel lancé par la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés dans cinq grands quotidiens français. Au-delà de la situation particulière du logement social dans ce pays, cette exhorte traduit un changement significatif : le constat d’un glissement des inégalités sociales vers les injustices sociales sur l’agenda socio-politique. Si demeure la question de fond du moment à partir duquel une inégalité devient une injustice, force est en effet de constater une tendance lourde, celle de l’expression croissante des problèmes sociaux sous l’angle de l’injustice. Comment comprendre pourtant pourquoi, aujourd’hui, l’expérience sociale se donne à voir comme une suite d’épreuves individuelles ? En quoi la transformation des inégalités, leur “individualisation”, à tout le moins l’attention portée aux inégalités dynamiques affectant les trajectoires sociales des individus, participent-elles à alimenter le sentiment d’injustice devant les évènements qui affectent nombre de nos concitoyens ? Dans quelle mesure cette centration sur les épreuves individuelles, souvent lues sous le prisme de l’injustice quand elles se retournent contre soi, alimente-elle une logique victimaire, faisant de la victime le centre de l’attention publique ?
C’est à l’examen de la place aujourd’hui prise par l’injustice dans l’expérience individuelle comme sur la scène sociale qu’invite ce nouveau cycle de conférences publiques organisé par la Chaire de Travail social et politiques sociales. Il s’attachera notamment à éclairer les enjeux d’une thématisation des problèmes sociaux sous la figure de l’injustice.
21 février 2008
Robert CASTEL, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Paris
Le modèle républicain face à la discrimination négative
6 mars 2008
Jean KELLERHALS, Professeur de sociologie, Université de Genève
Le sentiment de justice
13 mars 2008
Danilo MARTUCCELLI, Professeur de sociologie, Université Charles-de-Gaulle - Lille 3
L’injustice au prisme de l’individuation
3 avril 2008
Véronique GUIENNE, Professeure de sociologie, Université de Nantes
Les inégalités injustes
10 avril 2008
François DUBET, Professeur de sociologie, Université Victor Segalen Bordeaux 2, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Paris
La polyarchie des principes de justice
17 avril 2008
Jean-Claude WOLF, Professeur de philosophie, Université de Fribourg
La justice : réalité ou fiction ?
24 avril 2008
Patrick SAVIDAN, Maître de conférence en philosophie, Université de Paris Sorbonne - Paris IV
Quelle justice sociale ? Quelle égalité des chances ?
8 mai 2008
Mohamed NACHI, Professeur de sociologie, Université de Liège
Le sens du juste et de l’injuste : approche comparative et analyse socio- pragmatique
15 mai 2008
Marc-Henry SOULET, Professeur de sociologie, Université de Fribourg Des inégalités aux injustices
Genres: normes et transgressions
avril 13, 2008
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CYCLE DE FILMS ET SEMINAIRE / SAISON 2007/2008 La Maison Populaire de Montreuil et le Cinéma Le Méliès invitent cette année le peuple qui manque qui proposera et présentera d’octobre 2007 à mai 2008 un panorama de films rares, documentaires, vidéos d’artistes, cinéma d’avant-garde, retraçant une brève histoire du cinéma des corps et des identités, depuis les années 70, des mouvements de libération des femmes et d’affirmation des minorités sexuelles jusqu’au cinéma queer contemporain. Mercredi 16 avril 2008 à 20h Kathy Acker / David Wojnarowicz Au cinéma Le Méliès Séance en présence de Marion Scemama, François Pain et Laurence Viallet (Fondatrice des éditions Désordres). David Wojnarowicz et Kathy Acker ont ciselé leur art de colère et de désir « comme des armes imaginaires de résistance aux pouvoirs établis ». Cette séance est consacrée à ces deux magnifiques écrivains, performeurs, vidéastes qui ont évolué dans l’East Village new-yorkais des années 80-90, quartier cosmopolite de la scène punk et artistique underground, où squatters, travestis, prostitués, junkies et artistes fauchés se côtoyaient. Artiste éruptive de la contre-culture, Kathy Acker illumine cette scène new-yorkaise des années 70-90, avec un travail schizophrénique de la langue qui s’articule à une critique sociale, et une recherche en partie autofictionnelle d’exploration d’identités morcelées et androgynes, annonciatrice des féminismes queer contemporains. « Kathy Acker (1947-1997) a laissé derrière elle quelque vingt-cinq années passées à se battre avec l’écriture, ainsi qu’une quinzaine de romans underground évoquant sang, sexe et folie. Petite fille de la Beat Generation et grand-mère des riot girls, la sulfureuse Kathy Acker, auteure atypique et décadente, n’a eu de cesse de crier sa liberté, éternellement à contre-courant. Acker était une artiste en rupture de tout. De la littérature classique, qu’elle remettait en cause avec véhémence ; de la bourgeoisie, dont elle se méfiait ; du féminisme traditionnel, qu’elle évitait scrupuleusement ; des machos, qu’elle détestait. Burroughs punk et nymphomane, mais aussi la grand-mère du mouvement post féministe fortement teinté de lesbianisme. » Extraits de “Kathy Acker, à coeur et à cris“, Patrick Thévenin
The blue tape de Kathy Acker et Alan Sondheim (1974, 55’)
de David Wojnarowicz, Marion Scemama et François Pain (1989-1998, 30′)
Programmation: Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff
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Pierre Rivière aujourd’hui
janvier 31, 2008
Jeudi 31 janvier de 9 h 30 à 18 h à la MSH Paris Nord
Journée ouverte à tous mais inscription auprès de Sylvia Klingberg : s.kling@wanadoo.fr
Regards croisés sur les figures contemporaines de la déviance
janvier 27, 2008
Journée d’étude
MSH Paris Nord
4 rue de la Croix Faron
93210 La Pleine Saint Denis
Vendredi 15 Février 2008
Réseau national « santé & Société », MSH Paris Nord Axe 1: santé et société (Didier Fassin, Iris, Ehess, Paris XIII)
AFFEP- Association
Comité organisateur
Sandrine Bonneton (Affep, sandrinebonneton@free.fr)
Samuel Lézé (Iris, Ehess, sleze@ens.fr)
Inscription auprès des organisateurs obligatoire (sous réserve des places disponibles)
Argument Cette journée d’étude, organisée par le réseau national Santé et Société et l’AFFEP, a pour vocation de poursuivre une première rencontre initiée par l’AFFEP à Lyon en 2006. Dans ce contexte et dans un esprit didactique, il s’agissait alors de montrer l’apport des sciences sociales (anthropologie, sociologie, sciences politiques, histoire, philosophie des sciences) pour comprendre la construction de certaines dimensions de la psychiatrie. En conservant le même esprit, cette journée d’étude se concentrera sur une thématique plus circonscrite et d’actualité afin de valoriser les échanges interdisciplinaires en discutant des interventions de doctorants du réseau, d’internes en psychiatrie proches des sciences sociales, de psychiatres et de psychanalystes. La situation actuelle de la psychiatrie est marquée du sceau du paradoxe. Convoquée pour prendre en charge les « résidus » problématiques de notre société, elle ne cesse pourtant d’être constamment répudiée en raison de ses échecs à contenir et à prédire les quelques cas de folie meurtrière qui alimentent les masses médias. L’expertise psychiatrique −entendue ici au sens large de clinique et judiciaire− est en effet appelée à se développer aux marges de la folie. Cependant, la légitimité psychiatrique ne cesse d’être discutée, voir réduite. Pour la psychopathie, il est en effet question de juger la folie en créant une « responsabilité civile » pour les actes pénalement irresponsable. Cette journée d’étude a pour objectif de dégager les enjeux contemporains de l’expertise psychiatrique à partir de certaines figures de la déviance sociale comme les addictions, la pédophilie ou les troubles alimentaires qui seront les analyseurs privilégiés, orientant notre regard croisé. Plus largement, il s’agit de montrer la pertinence de la recherche en sciences sociales sur le champ de la santé mentale pour la recherche en psychiatrie et de familiariser les chercheurs en sciences sociales avec la dimension psychopathologique. Conçue dans un esprit didactique, cette journée s’adresse aux chercheurs, étudiants et soignants.
Programme : 10h- 10h15, Introduction et présentation de la journée
Dr Richard Rechtman (Ehess, anthropologue et psychiatre)
Sandrine Bonneton (Affep, interne en psychiatrie) et Samuel Lézé (Iris, Ehess, anthropologue)
· 10h15- 10h45 : Dr Rechtman Psychiatrie et politique : approche historique et anthropologique
· 10h45-12h Pédophilie :
10h45-11h15 Olivier Doron (philosophe et historien)
11h15-11h45 Dr Claude Balier (psychiatre, psychanalyste)
11h45-12h : Discussion Discutant : Dr Rechtman
· 12h-13h30 Pause déjeuner
· 13h30-14h45 Comportement addictif :
13h30-14h Fabrice Fernandez (sociologue)
14h-14h30 Dr Olivier Taïeb (psychiatre)
14h30-14h45 Discussion
Discutant: Samuel Lézé
· 14h45-15h50 Anorexie mentale : Vers un élargissement des modèles de compréhension de l’anorexie mentale
14h45-15h15 José Luis Moreno Pestaña (philosophe): Sociologie de l’anorexie
15h15-15h35 Sandrine Bonneton : Migration et vulnérabilité familiale, approche clinique et sociologique
15h35-15h50 Discussion Discutant: Samuel Lézé
· Pause de 10 minutes
· 16h-16h30 Synthèse et mise en perspective
Samuel Lézé
· 16h30-16h45 Conclusion
Sandrine Bonneton et Samuel Lézé

David Wojnarowicz a décrit par son art hallucinatoire la faune interlope de l’East Village, ses rencontres sexuelles furtives et anonymes, sa révolte politique contre la société américaine, son homophobie et son ultra-conservatisme face à l’épidémie du sida, notamment.