L’épreuve du cancer
Dans la tourmente toulousaine, Hélène Marche soutient sa thèse. Retenons notre souffle. Y’aura-t-il des tortillas aux pommes de terre et oignons, des pains au thon et aux courgettes, aux tomates champignons et oignons, des cakes aux lardons et olives? Nous l’espérons. En attendant faisons lui une place au chaud sur le banc des « jeunes et beaux » diplômés. Sans doute, une nouvelle pierre à l’édifice de la sociologie des émotions sera rendu publique ici, espérons que cette aventure se poursuive comme elle a commencé. Dans la bonne humeur sociologique.
Hélène Marche a le plaisir de vous annoncer la soutenance publique de sa thèse de sociologie intitulée : Le travail relationnel au cœur de l’expérience du cancer Mises en forme ordinaires et institutionnelles de cette épreuve
Le vendredi 3 juillet à 9h00, Université Toulouse 2 Le Mirail, Maison de la Recherche, salle D 29.
Devant un jury composé de : Marcel Calvez Danièle Carricaburu Marcel Drulhe (dir.) Eric Gagnon Pascale Grosclaude François Sicot
La soutenance sera suivie d’un pot. Résumé de thèse : Dans un contexte de transformation des institutions et des techniques médicales, la qualité de la vie des malades est devenue l’objet d’une attention croissante, tant dans le domaine de la santé publique que dans celui du monde oncologique. À l’enjeu de la participation des malades et de leurs proches à la prise en charge proposée, s’ajoutent ceux de la personnalisation des soins et de la qualité de la relation au patient. Partant de l’analyse inductive d’une enquête ethnographique menée dans des services de cancérologie et d’aide au maintien à domicile, ainsi que d’entretiens effectués avec des patients, des proches, des professionnels et des bénévoles, cette thèse vise à mettre en perspective l’expérience du cancer au regard des ressources que les malades mobilisent pour la contrôler et le travail relationnel mis en œuvre par les professionnels du monde oncologique. Quelles instances normatives apparaissent dans la construction sociale de l’expérience du cancer, que ce soit dans le monde médical ou dans celui de la vie ordinaire ? Quelles sont les tactiques mobilisées par les malades, leurs proches, les médecins et les soignants dans la négociation du contexte de cette expérience ? Le travail relationnel des professionnels est-il en correspondance avec les mises en forme profanes de l’expérience du cancer ? L’analyse révèle les formes de relations possibles entre patients, proches et soignants et les figures de l’adversité, consensuelles ou hétérogènes, qui s’y déploient, tout en mettant en évidence l’enjeu de pouvoir que constitue le contrôle social de l’épreuve de la maladie grave.
MOTS-CLÉS : Cancer, expérience, corps, travail relationnel, normalisation, émotions, contrôle social.