Alors que pèsent certaines incertitudes sur les mondes de l’enseignement supérieure et de la recherche, je me décide à reprendre l’écriture de “post” sur ce blog qui a tourné un petit peu au ralenti ces derniers temps (écriture oblige). La première nouvelle que je voudrais partager avec vous concerne la soutenance de ma thèse de doctorat qui se tiendra le Jeudi 6 décembre à 14 heures à la Maison de la Recherche de l’université de Toulouse le Mirail, salle D 31 (5 allées Antonio Machado)

 Usages et usagers de drogues dans les mondes de l’errance urbaine et de la prison : une “expérience totale” ? 

Un petit résumé : Alors que la politique de prévention et de « réduction des risques » (sida, hépatite C) invite toujours davantage les « toxicomanes » à se responsabiliser et que les produits de substitution sont massivement délivrés par la médecine générale et psychiatrique, les pratiques associées à des prises de risques pour la santé perdurent parmi les usagers de drogues les plus précaires. À travers la notion d’expérience totale comme modèle d’intelligibilité et une méthodologie inductive sur plusieurs terrains en région parisienne et toulousaine (maisons d’arrêt, hôpitaux, associations, squats précaires, rues), cette thèse s’intéresse aux usages et aux usagers de drogues pris dans un mouvement de circulation entre errance urbaine et expérience carcérale. Quelles formes d’ajustement sont mises en œuvre à chacun des pôles du mouvement circulatoire et quelles incidences ont-elles sur le rapport au corps et à la santé ? Face au renforcement du traitement pénal et médical des problèmes sociaux, se dessine une hétérogénéité des logiques d’usages de produits toxiques, des trajectoires de vie, des adaptations et des mises en récits des expériences. L’analyse de diverses formes d’expérience totale révèle des modes de résistance ou d’autopréservation des usagers de drogues au regard des dispositifs qui leur sont proposés voire imposés et soulève la question du sens des limites à disposer de soi. 

 Mots clés : santé, drogues, parcours de vie, corps, risques, médecine, errance, prison  

Abstract : Drug Uses and Drug Users in the Worlds of Urban Vagrancy and Prison : A «Total Experience » ?

Sociology of the endogenic meaning of drug users’ practices involving health risks. 

Preventive public health policies and harm reduction policies (AIDS, hepatitis C) have been focusing increasingly on rendering drug “addicts” more responsible, while substitution treatments have been made more readily available ; they are indeed, distributed massively by general, as well as psychiatric, health agencies and practitioners. Nevertheless, high risk practices remain common among the most precarious of drug users. Through the notion of total experience, a framework that permits intelligibility, and through inductive methodology applied to extensive and varied fieldwork in the Parisian and Toulouse areas (prisons, hospitals, non-profit organizations, unorganized squats, streets), the present dissertation focuses on drug uses and drug users who are caught in a circulatory movement between urban vagrancy and carceral experience. What kind of adjustments occur at each end of the movement and how do these adjustments impact the relationship to one’s own body and health ? Facing a society that deals with social issues in an increasingly penal and medicalized way, a heterogeneity of practices emerges : heterogeneity of the logics behind drug use, of life trajectories, of adaptation techniques and of the narrativization of these experiences. The analysis of various forms of total experience reveals some of the modes of resistance and self-preservation users develop in order to respond to the apparatuses proposed -and even imposed- to them, at the same time as it raises the question of what it means to limit one’s control over one’s self and body.

 Key words: Health, Drugs, Drug User, Lifecourse, Body, Risk, Risk Taking, Medicine / Medical agencies, Vagrancy, Prison/Jail/Carceral, Precariousness / Poverty. 

Les membres du jury :


Marcel CALVEZ (Professeur, université Rennes 2)
Geneviève CRESSON (professeure, université de Lille 1)

 Marcel DRULHE (professeur, université de Toulouse 2, directeur de thèse)

 Gérard MAUGER (directeur de recherche CNRS, Centre de Sociologie Européenne, Paris)

Angelina PERALVA (professeure, université de Toulouse 2)

Marie-Christine ZELEM (maîtresse de conférence, Centre Universitaire de Formation et de Recherche d’Albi, tutrice de thèse)


 
Celles et ceux qui seront toulousain(e)s à cette date et qui me feront l’amitié de venir, seront convié(e)s après la soutenance, à venir déguster quelques mets et boissons en salle D154.

Humeurs et dégoût

novembre 20, 2007

Le Réseau thématique 17 de l’AFS « Gestion politique du corps et des populations » propose une

Journée d’études

« Humeurs et dégoût : du dispositif à l’institution »

Mercredi 16 janvier 2008

de 9h à 17h

Maison des sciences de l’homme – salle 214

54 Bd Raspail, 75006 Paris

Metro : Sèvres-Babylone ou Saint-Sulpice

(tél : 01 49 54 20 00)

9h00 Accueil des participants

9h15 Argumentaire de la journée

9h30 Claire Margat

Le dégoût : inventaires des définitions

9h55 David Le Breton

Le corps comme objet de dégoût

10h20 Discussion

[10h50 pause]

11h10 Alain Giami

« Glauque » : le recueil de sperme infertile à l’hôpital

11h35 Marie-Christine Pouchelle

Humeurs corporelles à l’hôpital

12h00 Discussion

[12h30 déjeuner libre]

14h00 Agnès JeanJean

Égoutiers : toucher, sentir et se penser. Que faire du dégoût ?

14h25 Laurence Guyard

Les humeurs féminines et leur régulation : la consultation gynécologique

14h50 Gilles Raveneau

Face à l’incontrôlable : la sueur dans les dispositifs sportifs

15h15 Discussion

[15h45 pause]

16h05 Georges Vigarello

La graisse, entre goût et dégoût

16h30 Synthèse de la journée à plusieurs voix

17h00 Discussion finale

  Julien Bernard a le plasir de nous inviter à la soutenance de sa thèse intitulée
“Emotions et rituel dans le travail des pompes funèbres. Contribution à
la sociologie des émotions”
qui aura lieu le jeudi 29 novembre, en salle des Actes, Hôtel Fumé, 8
rue René
Descartes, 86000 Poitiers, à 14 h en présence d’un jury composé de
Patrick Baudry (Bordeaux 3), Philippe Bataille (Poitiers), Annie Guédez
(Poitiers, directeur de thèse), Albert Ogien (CNRS), Patricia Paperman
(Paris
8), Anne Sauvageot (Toulouse 2), Pascale Trompette (CNRS).
Un pot sera bien sûr servi à l’issue de l’épreuve.

Souhaitons lui une bonne et riche soutenance!

Le travail

novembre 7, 2007

 

Semaine du cinéma ethnographique,13 ème édition, Caen, du 26 novembre au 02 décembre 2007

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S’il est une question commune à toutes les sociétés industrialisées ou post-industrielles, c’est bien celle du travail. Et bien rares sont ceux qui, parmi nous, y restent totalement indifférents et n’ont quelque opinion à faire valoir sur le sujet.

Au carrefour de valeurs divergentes, voire contradictoires, le travail demeure ce complexe objet de désir, d’adhésion, de doute ou de rejet. Selon les points de vue et situations, il sera considéré comme un indispensable outil d’épanouissement, une inévitable nécessité ou au contraire un vecteur d’aliénation. Il reste pour le plus grand nombre le moyen de s’intégrer et plus encore d’accéder à la consommation, valeur aujourd’hui dominante.

Simple emploi ou véritable métier, le travail conditionne également le rapport à la sphère privée, familiale et excède donc de très loin les seules plages horaires qui lui sont spécifiquement dévolues. Dans certains cas, il peut même devenir un mode de vie à part entière, un véritable monde en soi, structurant l’ensemble de l’existence.

Le travail demeure un élément majeur dans la construction de l’identité sociale et culturelle de chacun. Pour autant, sa place dans le champ des références individuelles et collectives est devenue beaucoup plus complexe à établir qu’il y a une trentaine d’années. À cela quelques raisons : fin des certitudes idéologiques, mondialisation économique et financière, mutations et crise de l’emploi, tendance de la société à se fragmenter en groupes, « tribus » et communautés, place accrue accordée aux loisirs et au hors-travail.

Cette treizième édition de la Semaine vous propose d’explorer ce vaste thème. Dans le détail, les films de cette programmation abordent des sujets aussi différents que les collectifs de travail, le travail en secteur industriel, la petite entreprise individuelle, les activités de conseil et de stratégie, les utopies opposées au travail normé, les milieux de la vente, sans oublier tous ces « petits » métiers, dont on côtoie ceux qui les exercent sans véritablement les voir…

Le programme au jour le jour :