Séminiaire du S.F.H.S.H.

octobre 16, 2007

Lieu : Centre Koyré (Pavillon Chevreul, 3e étage, 57, rue Cuvier, 75005 Paris)

Vendredi de 14 à 16 heures

Responsables : Claude Blanckaert - Jacqueline Carroy - Nathalie Richard

Placé sous le patronage de la Société française pour l’histoire des sciences de l’homme (S.F.H.S.H.), ce séminaire du Centre Koyré est un forum de discussions sur les problématiques actuelles, les livres récemment parus et le statut général des archives. Il vise moins à l’érudition au sens strict qu’à l’explicitation des démarches qu’elle sous-tend. Il a pour double vocation de favoriser l’identité du domaine, dans son rapport à la discipline historique prise dans son ensemble, et de créer une dynamique dont bénéficieront chercheurs spécialisés et doctorants.

9 novembre Jan Goldstein (Université de Chicago)
L’ambiguïté du moi cousinien: quelques réflexions sur la réception du livre, The Post-Revolutionary Self

23 novembre
Séance à préciser

7 décembre Wolf Feuerhahn (Université de Rennes I)
La psychologie fondement des sciences de l’homme? Max Weber critique de Wilhelm Wundt.
 

21 décembre Bertrand Daugeron (Université Paris VIII)
Retour sur un épisode comparatiste méconnu : le Muséum des Antiques (1795) et les objets des Sauvages.

 

18 janvier Johann Heilbronn (CNRS)
Positivisme et sociologie au XIXe siècle : le mystère de la Société de sociologie (1872-1873 ?) d’Emile Littré.

 

1er février Christine Laurière (EHESS)
L’anthropologie diffusionniste de Paul Rivet, ses implications et conséquences.

 

15 février Jacques Guilhaumou (CNRS)
Du mot à la chose, l’invention de la sociologie (1787) et de l’Idéologie (1797). Un programme d’action, puis de réaction politiques.

 

28 mars Jean-Luc Guichet (Collège international de philosophie)
Anthropologie et animalité au XVIIIe siècle.

 

11 avril Jean-Claude Dupont (Université de Picardie)
Qui doit élaborer la psychologie et comment le faire ? Théories réflexologiques et critique de l’idéalisme en Russie de Setchenov à Pavlov.

23 mai Fanny Defrance (Université Lyon 2)
Interfaces d’appartenances entre préhistoire et foi catholique (1859-1962).

Séminaire européen CRIMPREV

Toulouse 19-20 octobre

Criminalité et criminalisation des étrangers

Université Toulouse 2, Maison de la Recherche, Salle D 30

On pourrait dire de manière schématique que l’accroissement de la mobilité et des flux migratoires, entraînant une augmentation de la « diversité humaine » et de sa visibilité, est la plupart du temps considéré comme une menace. D’autant que les attentats de New York, de Madrid et de Londres ont favorisé les grilles de lecture catastrophistes des conséquences des rencontres interculturelles et du prétendu « choc des civilisations ». A la peur du terrorisme s’ajoute celles nées de la compétition entre des individus et des communautés dans un contexte de décomposition sociale et culturelle. D’où, en Europe, la critique de « modèles d’intégration » décrits comme en crise.Les chercheurs européens réunis pour l’occasion commenceront par présenter le contexte de leur pays relativement à l’immigration, aux politiques migratoires et aux politiques de la diversité culturelle. Quelles définitions de l’étranger prévalent, quelle prise en compte du pluralisme culturel ? Assiste-t-on à des lectures culturalistes de situations ou de conflits sociaux.Dans un second temps, les processus de criminalisation seront présentés autour de diverses études empiriques.  Programme   

Vendredi 19 octobre

 9 h 00. Accueil des participants9 h 30 Introduction du séminaire, rappel de la problématique10 h 00 - 10 h 40 Belgique : Pr. P. Hebberecht, onderzoeksgroep criminologie en rechtssociologie, Universiteit Gent. L’ethnicisation de la criminalisation en belgique sous les gouvernements Verhofstadt i et ii (1999-2007)10 h 40 - 11 h 20 Grande-Bretagne : Pr. James whitfield, Open University. The immigrant experience of life : the law and the british (1900-2007)11h 20 Break11 h 40 - 12 h 30 Discussion Déjeuner 14 h 00 - 14 h 40 Grèce : Dr Georges P. Nikolopoulos, Pr. Adjoint, Université Panteion des sciences sociales et politiques, Département de sociologie - section de criminologie. Criminalisation et criminalité des étrangers en Grèce: essai de construction d’ un objet d’ étude14 h 40 - 15 h 20 France : Sébastien Schied, Université Toulouse 2, Doctorant. Les Roms criminalisés ou comment maintenir son voisin à distance15 h 20 Break15 h 50 - 16 h 30 Italie : Pr S. Palidda, Dipartimento di scienze antropologiche (disa-unige), Facolta’ di scienze della formazione (sdf-unige), Universita’ di Genova, Qu’est-ce que l’étranger ou le non national ?La construction politique et sociale des représentations du migrant en Italie16 h 30 Discussion 
   

Samedi 20 octobre

  9 h 30 - 10 h 10 : Espagne : Pr. José Angel Brandariz et Cristina Fernàndez Bessa, Universidad a Coruña et Observatori del sistema penal i els drets humans, Universitat de Barcelona. Immigration policy and criminalization in Spain. The immigrants as suitable enemies.10 h 10 - 10 h 50 : Pays-Bas : Evelyne Baillergeau. Chercheure au CREMIS/Université de Montréal (département de sociologie), Chercheure associée à l’Université d’Amsterdam (Amsterdam school for social science research). La criminalisation des « allochtones » aux Pays-Bas. Eléments de définition et de mise en œuvre des politiques néerlandaises de prévention de la délinquance11 h 00 Break11 h 30 - 12 h 10 : Portugal : Pr Antonio Pedro Dores, Departamento de sociologia e centro de investig. e estudos de sociologia (cies/iscte), Lisboa, Criminalization waves in Portugal : from traditional crime to drug related crime12 h 10 : Discussion Déjeuner 14 h 00 - 14 h 40 : France : François Sicot, Maître de Conférences, HDR, Université Toulouse 2. Les débats sur la criminalité et la criminalisation des étrangers en FranceSynthèse des travaux. Pour tout contact, sicot@univ-tlse2.fr

Question de handicap

octobre 4, 2007

Le handicap : histoire politique, pratiques sociales et expériences intersubjectivesI. Ville, JF. Ravaud, M. Winance

 

Mention et spécialité : Santé, populations, politiques sociales (Séminaire de recherche M2S3)

 2ème et 4ème mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2007 au 27 mai 2008. 

L’histoire de la notion de handicap trouve, en France, ses fondements dans la distinction qui s’opère progressivement au Moyen-Age au sein des « pauvres », avec l’apparition de la catégorie des pauvres méritants. La mise en place et l’institutionnalisation des dispositifs d’assistance nécessite de définir les populations qui y sont éligibles. Les personnes qui ne peuvent subvenir à leurs besoins en raison de leur âge, de leur état de santé, ou encore de leur vulnérabilité sociale, peuvent légitimement bénéficier des secours contrairement aux « vagabonds » et « mendiants » physiquement intègres, qui sont dans l’obligation de travailler. Le principe d’une assistance laissée au gré des bonnes volontés locales dominera jusqu’au 20ème siècle, sous des formes variables.

Deux événements importants vont contribuer à infléchir le traitement social et la signification du handicap. Suite aux vagues d’industrialisation, l’importance des accidents du travail pose le problème de la prise en charge de l’invalidité qui en résulte. Par ailleurs, la grande guerre est à l’origine de nombreuses blessures et mutilations. Dans les deux cas, la responsabilité collective est reconnue et de ce fait, ouvre des droits à réparation. Cette réparation prend différentes formes : celle d’une indemnisation financière d’abord (indemnisation des accidents du travail, pension d’invalidité des mutilés de guerre), puis celle d’une réadaptation, via les pratiques de rééducation et d’appareillage. De façon plus générale, toute personne que l’invalidité écarte de la norme sociale (travailler, avoir une famille…), doit être réadaptée pour pouvoir à nouveau répondre à cette norme et réintégrer ainsi la société.

L’emploi du terme « handicap », apparu dans le courant du 20ème siècle et qui sera généralisé à partir des années 1970, consacre cette nouvelle approche. Il englobe tout type de déficience, quelle que soit sa nature ou son origine. La catégorie de « personne handicapée » se substitue alors aux précédentes (infirmes, invalides, inadaptés, idiots…) en les unifiant sous une qualification commune de  « personnes à réadapter » associée à des dispositifs institutionnels et législatifs, principalement la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées, votée en 1975. Celle-ci institue le statut de « personne handicapée », assorti de droits spécifiques, de modes d’aide et de prise en charge, en particulier dans le cadre d’un secteur spécialisé.

La fin des années 70 est le théâtre de nouvelles transformations à l’échelle internationale sous l’impulsion de la mobilisation collective des personnes handicapées et de l’émergence d’un mouvement pour une vie autonome. Parallèlement, un nouveau champ de recherche se construit dans les pays anglo-saxons et scandinaves : les disability studies. Une entreprise de classification menée sous l’égide de l’OMS est l’occasion d’un grand débat, toujours ouvert, autour des conceptions du handicap. Ces transformations offrent de nouvelles grilles de lecture de l’expérience du handicap et de nouveaux espaces d’échanges que les personnes peuvent ou non s’approprier pour faire sens à leur biographie.

Le séminaire propose d’étudier l’évolution de la notion de handicap à partir d’une analyse des politiques, des dispositifs institutionnels mis en place et des pratiques de prise en charge et d’accompagnement des personnes concernées. L’attention sera portée sur différents  moments d’inflexion historiques des politiques (lois de 1975 et 2005), des conceptualisations du handicap (émergence des disability studies, débat autour des taxinomies…), des pratiques professionnelles (réadaptation, prévention des handicaps à la naissance). Nous verrons également comment ces évolutions se traduisent dans les histoires personnelles.

    Programme provisoire 

13 novembre :      Quel regard sur le handicap ? Du modèle médical au modèle social.

27 novembre :      L’émergence de la notion de responsabilité collective : le cas des                                      accidents du travail

11 décembre :      Des pratiques d’assistance aux pratiques de réadaptation 

8 janvier :             Les représentations du handicap dans l’histoire : l’exemple de la                                        peinture

22 janvier :           L’institution du handicap : la loi de 1975 d’orientation en faveur des                            personnes handicapées

12 février :           Les associations de personnes handicapées en France

26 février :           La mobilisation internationale des personnes handicapées et                                        l’émergence des disability studies

11 mars :              L’évaluation du handicap : des classifications aux outils de mesures

25 mars:               Handicap et travail : la loi de 1987 et ses dispositifs. L’expérience des                              personnes et des professionnels de la réadaptation

8 avril :                 Les questions éthiques et politiques soulevées par le dépistage des                              handicaps avant la naissance

13 mai :                Nouvelles politiques françaises du handicap : tensions entre approches                              catégorielle, universaliste et personnalisée

27 mai:                 Rapprochement communautaire et identité

 

Lors de certaines séances, des intervenants extérieurs seront invités à présenter leurs travaux en lien avec la thématique.