Colloque Bourgois Juin 2007

Patrick Bruneteaux et Daniel Terrolle, anthropologue et maître de conférences au département de sociologie de l’université Paris 8, ont le plaisir de vous inviter à la journée de rencontre autour des travaux de Philippe Bourgois. Patrick Gaboriau et Didier Lapeyronnie seront discutants.
L’anthropologue américain Ph. Bourgois nous présentera ses nouvelles recherches sur les SDF toxicomanes à San Francisco puis répondra aux commentaires des deux chercheurs français. La journée d’étude a lieu le jeudi 28 juin à la Sorbonne, amphi Lefebvre, de 15 à 19 H.
Informations détaillées

Philippe Bourgois est l’un des plus éminents chercheurs actuels sur la question des populations les plus pauvres, concentrées dans des ghettos ou vivant à la rue. Les travaux de ce chercheur américain ont donné lieu à de nombreuses publications aux USA, en Amérique latine et en Europe. Dans l’ensemble de ses recherches, celle qui est la plus reconnue se rapporte aux formes de survie dans les Ghettos de East Harlem à New York. L’auteur a vécu de longues années auprès des dealers de crack et au milieu des familles portoricaines des ghettos. Ses recherches ont donné lieu à des publications couronnées par des prix prestigieux aux USA. Traduit en France aux Editions du Seuil sous le titre En quête de respect : le crack à New York, l’ouvrage est devenu une référence incontestée sur la question des ghettos, de la pauvreté et des violences sociales. L’œuvre de ce chercheur s’est élargie à d’autres travaux portant sur les SDF usagers de drogues à San Fransisco. De nombreux articles ont été publiés par Philippe Bourgois sur cet aspect du sous-prolétariat urbain.
Parmi les articles de Philippe Bourgois :

Affiche de la journée d’étude.

Journée d’étude du Laboratoire d’anthropologie sociale
 (équipe « Corps et affects » dirigée par F. Héritier)

Organisée par Dimitri Karadimas

Vendredi 22 juin 2007
Salle 2 du Collège de France, 11 place Marcelin Berthelot, Paris 5ème 
 

Résumé
Cette journée d’étude se propose d’explorer la nature des liens qui existent dans l’imaginaire de plusieurs sociétés humaines entre la pilosité et le sang. Objets de pratiques et de croyances multiples, ces deux productions corporelles, parfois polarisées sexuellement, sont souvent les signes d’une vitalité fantasmée. De nombreux exemples ethnographiques viendront illustrer ces rapprochements.

 
 
Pilosité et sang : un imaginaire de la vitalité


Depuis l’article, classique, de E. Leach Magical Hair sur la pilosité et les cheveux, la thématique a faiblement mobilisé l’anthropologie, sans pour autant se faire oublier de l’ethnographie. La plupart des monographies comprennent quelques lignes, parfois plus, sur les pratiques et les interdits liés à la pilosité en général, à la chevelure et, surtout, aux poils (distinction catégorielle qui, soulignons-le, n’existe pas dans toutes les langues, loin de là).
Dans ces travaux, les questions ayant trait à la pilosité sont souvent redoublées par celles liées aux interdits concernant les humeurs corporelles et, plus particulièrement, au sang : ni vraiment humeurs et pas encore véritablement chair, la pilosité reste la partie la plus facilement détachable et transportable du corps sans, toutefois, qu’elle ne se corrompe.
La proposition thématique est donc d’aborder le sujet de la pilosité suivant, d’une part, une approche comparative liée aux interdits, notamment ceux portant sur les humeurs corporelles et, de l’autre, à l’imaginaire que les deux catégories entretiennent avec cette notion plus globale –mais aussi plus vague– qu’est la vitalité.Sauvagerie, sexualité et vitalité d’un côté, comportement policé, retenue et abstinence de l’autre ; tels seraient les deux extrêmes du balancier conceptuel entre lesquels oscilleraient la pilosité et le sang dans les pratiques et l’imaginaire humains.Si tout exemple ethnographique est le bienvenu, il ne saurait pourtant se développer que dans une réflexion anthropologique plus large, c’est-à-dire formuler des propositions générales sur l’humain… ce « singe nu mais chevelu ». 

Programme 10h – 13h : Dimitri Karadimas : présentation et introduction

Priscille Touraille : « Des poils et des hommes : une association rare chez Homo sapiens. Quelles questions pour l’anthropologie du genre? »

Karine Tinat : « Aménorrhée et lanugo. Circulations et représentations de la vitalité dans l’anorexie mentale. » Nathalie Manrique : « La moustache de la distinction. Pilosité et sang dans les représentations gitanes de la hiérarchie sociale. » Salvatore d’Onofrio : « Du sang au poil. La construction du corps symbolique en Sicile »  14h30 – 17h30 Anne-Marie Brisebarre : « Le paraître et l’être chez les bestiaux »

Gaëlle Lacaze : « La pilosité et le sang : signes de la capacité de reproduction du corps ou de sa vitalité ? »

Corinne Fortier : « Cheveux et poils ou la vitalité de l’érotisme »

Marika Moisseeff : « Relations, rites et cheveux chez les Aranda » Françoise Héritier : « A fleur de peau. Kératine, pilosité et fluide vitaux ».