Je vous recommande pour celles et ceux qui sont en gironde fin mars début avril, les 12èmes journées du film ethnographique qui se tiendront à Bordeaux du vendredi 30 mars au vendredi 6 avril 2007 et qui s’intitulent “Contrôle d’identité(s). Au rendez vous musique, performance, photographie et bien évidemment cinéma avec quelques moments forts (que vous retrouverez dans l’annonce qui suit).  Bien sûr le thème choisi est d’une actualité brulante partagée ces tout derniers temps avec “contrôle des titres de transport”… Nous savons ce qu’il nous reste à faire, nous y rendre en courant puisque ces journées sont entièrement gratuites (pour le reste on attendra  fin avril début mai… vigilant…). Un des moments forts à ne pas manquer est sans nul doute le film issu d’une expérience cinématographique menée en milieu carcéral : 9m2 pour deux, de J. Césarini et J.Glasberg.

 Shellac

 Ce film a été mis en scène dans un décor de cellule reconstituée en studio à l’intérieur de la prison. Tour à tour interprètes et filmeurs, dix détenus vont mettre en scène leur vie quotidienne en une série de moments forts : amitié, indifférence, confrontation, solitude… Autant de fragments de la réalité carcérale. Pour celles et ceux pour qui s’intérresssent aux expériences cinématographiques carcérales et originales, je vous conseille également les “télérencontres” réalisées à partir de l’atelier vidéo de la prison de la santé (animé par le cinéaste Alain Moreau).  On doit normalement pouvoir les visionner dans les médiathèques spécialisées de la ville de paris.

 Quoi qu’il en soit voici le programme passionnant de ces 12èmes journées du film ethnographique 

Ce festival, organisé en majorité par les étudiants en anthropologie de l’Université Bordeaux 2, propose cette année de décliner chaque jour une manière originale de faire vivre cette notion plurielle qu’est l’identité, à travers la projection de films documentaires et de débats redonnant la parole à ceux dont le propos est souvent absent, masqué, troublé par les images.  Ainsi, le documentaire 9m2 pour deux est co-réalisé par des détenus et sera projeté lors de la journée “se mettre en scène” en parallèle d’une autre fiction documentaire réalisée par des jeunes d’un quartier de Pantin. Comment peut-on être français? réalisée par Negar Zoka, sera diffusé lors de la journée “Composer” en parallèle avec deux autres documentaires sur les Antilles : Nation. Place des Antilles de Jil Servant, et Dessinez-moi des dreads de Juliane Dubois.  Chaque jour, les identités se mettront en scène, se composeront, s’écriront, se rencontreront, se sensibiliseront l’une à l’autre et se vivront en musique.  Toutes les manifestations qui se dérouleront (films, débats, expositions, concerts, performances, contes…) sont gratuites. Un accent est porté sur le partenariat associatif, tant dans le choix de certains intervenants que dans les lieux de diffusion. Nous vous invitons donc à venir participer à ces journées lors des débats qui suivront les projections, afin de susciter des questionnements plus larges ou plus précis, mais aussi lors des autres temps forts de convivialité. Le programme détaillé se trouve sur jfe2007.blogspot. com. Vous y trouverez les résumés des films et toutes les manifestations, les plans de lieux et les horaires…  Vendredi 30 mars “Inauguration et jeunes réalisateurs

Université Victor Segalen - Bdx II – Amphi Pitres
• 15h30 >>> FILM/ DEBAT
La French attitude,
En attendant demain, 2006 (6min)
Money is money, En attendant demain, 2006 (6min) Allo, Allo, cinéma cadeau, de David Foucher et Patrice Renalt, 2006 (52min)Ce documentaire à caractère sociologique aborde un sujet qui se trouve au coeur d’une actualité brûlante : la prévention du sida en Afrique. La « maladie » est une catégorie mouvante selon le contexte culturel. Comment est-elle appréhendée en Afrique ? Ce documentaire, fruit d’un travail de trois ans, suit le parcours d’une association militante qui aborde la maladie de manière collective grâce à un cinéma itinérant. Cette méthode de sensibilisation met en avant tout un réseau de relations sociales (la condition des femmes et le rapport aux générations).Intervenants : David Foucher, réalisateur ; Dragoss Ouedraogo, professeur d’anthropologie visuelle à Bordeaux 2 ; Frédéric Le Marcis, professeur d’anthropologie à Bordeaux 2 (sous réserve)
Atrium de la faculté
• 18h >>> POT D’INAUGURATION
« Musiques extrêmes », Vernissage de l’exposition des photographies de Thomas Gosset
Animation Jonglage
Imprimerie Boucherie
• 20h >>> PERFORMANCE/ DEBAT
« Le Musée de l’Homme » par/de Stefenko- Compagnie Métanoïa
(…) sur fond d’histoire coloniale, manifeste les rapports de pouvoir que met en jeu la pause photographique. La « mission civilisatrice » blanche, masculine, scientiste produit une vitrine où le corps de l’Autre, privé de parole, est modelé par le sujet photographiant. A cette démarche déréalisante quelque chose pourtant résiste… 21h >>> DIAPORAMA « Entre peaux », Compagnie MétanoïaCorps en questionnement dans la performance plastique et dansée. Exemples de pratiques alternatives au régime normatif masculin/féminin, dominant/dominé, normal/anormal.
Broca 4
• 22h >>> CONCERT
Nelly Olson, pop-rock acoustique
Contreband, fanfare jazz-funkLes Bituriges, rock’ in chair 
____________________Samedi 31 mars « Se mettre en scène »
La Centrale

• 17h >>> FILM/DEBAT
Des terres minées, de Julien Sicard, 2006 (55min)
De sa conception collective en atelier jusqu’à sa première présentation publique, ce film a nécessité trois ans de travail pour plus d’une centaine de membres de l’association Les Engraineurs, principalement des garçons et des filles de 13 à 25 ans habitant le quartier des Courtillières à Pantin (93). Le film s’efforce de ne pas stigmatiser les habitants des quartiers difficiles ni les faire passer pour des victimes. Alors, pour éviter la caricature, il s’appuie sur les personnages, leurs points faibles, leurs désirs, leur quotidien. Il en est ressorti l’histoire de Saïd, 15 ans, et de sa soeur Soumia, 14 ans, qui brutalement doivent lutter pour leur survie morale et matérielle. http://les-engraineurs.org/PRIX FRANCE 2 - festival de Brest 2006Intervenants : Educateurs de rue
• 19h >>> FILM/DEBAT
9m2 pour deux, de J. Césarini et J.Glasberg, 2006 (1h34min)
Ce film est issu d’une expérience cinématographique menée en milieu carcéral. « 9 m2 pour deux » a été mis en scène dans un décor de cellule reconstituée en studio à l’intérieur de la prison. Tour à tour interprètes et filmeurs, dix d’entre eux vont mettre en scène leur vie quotidienne en une série de moments forts : amitié, indifférence, confrontation, solitude… Autant de fragments de la réalité carcérale.Intervenant : Jean-Claude Dusseau, anthropologue ____________________Dimanche 1er avril « Composer »
Porte 2A

• 15h >>> VERNISSAGE de l’exposition du festival itinérant des photographes voyageurs
• 16h >>> FILM/DEBAT
Dessinez-moi des dreads, de Julianne Dubois, 2005 (18 min)
Depuis l’application de la loi du 15 mars 2004, la France métropolitaine connaît un débat houleux concernant le port du voile islamique dans les écoles publiques. En Martinique, département français à part entière, ce sont les enfants rastas qui se voient refuser l’entrée des écoles. Les dreadlocks, marque d’appartenance à la religion rastafari, ont été considérés comme un signe ostentatoire. Derrière ce titre, se cache l’intention de réaliser un documentaire sur les malaises de la société martiniquaise confrontée à différentes trajectoires identitaires propres aux communautés qui la composent.Intervenants : Julianne Dubois, réalisatrice ; Mickaëlle Lantin, anthropologue spécialiste des Antilles.
• 17h30 >>> FILM/DEBAT
Nation Place des Antilles, de Jil Servant, 2007 (47 min)
La France et les Antilles, la métropole et les Régions d’Outre Mer (anciens DOM TOM)… Cette distinction largement entendue dans les discours ordinaires révèle la complexité de se sentir appartenir, et plus allant, révèle l’écart entre ce sentiment d’appartenance et la nécessité de « négocier » son identité. Le réalisateur, qui se définit comme « négropolitain », interroge cette situation, part à la recherche des fondements contradictoires de sa propre identité.Intervenants : Jil Servant, réalisateur ; Mickaëlle Lantin, anthropologue.Broca 4
• 20h >>> FILM/DEBAT
Comment peut-on être français ? de Negar Zoka, 2006 (52 min)
Les thèmes de l’immigration et de l’intégration mêlent dans un mariage forcé, l’intime le plus profond et l’administratif le plus glacé. Les espoirs, les démarches… la ténacité de ceux qui vivent, étudient ou travaillent sur le territoire national, en attente de devenir citoyen à part entière, en face des déclarations de ceux qui sont chargés de leur attribuer la nationalité. Ce documentaire interroge le processus de déconstruction puis de reconstruction identitaire imposé aux personnes qui souhaitent se faire naturaliser français.Intervenants : A.S.T.I (sous réserve)
____________________
 
Lundi 2 avril « Ecrire »
Boulevard des Potes
• 15h >>>
FILM/DEBAT
Manolis un voyage dans le siècle, de Yolande Detez
Ce documentaire est construit autour de la rencontre d’adolescents avec l’auteur Allain Glykos, venu leur parler de son père, Manolis, un vieil immigré grec. Au moment du tournage, celui-ci a 84 ans. Emigration, exil, intégration, mémoire sont les thèmes qu’aborde le film. Les images d’archives tournées en Crète et en Turquie lors du retour de Manolis sur sa terre natale, alternent avec ces rencontres, qui mettent en évidence l’actualité du drame vécu par le vieil homme en 1922, en la confrontant aux difficultés d’intégration actuelles que rencontrent certains jeunes africains des différents quartiers de Pessac (Gironde, CUB).Intervenants : Jean-Marie Bertineau, producteur du film; Allain Glykos, auteur du livre; Claire Schiff, sociologue de l’immigration européenne; Caroline Bordes, directrice d’Aquitaine Images Cinéma.
Rushs de Caromdji ( j’aime ma vie ), de Rocky
Rencontre avec Rocky, jeune réalisateur manouch qui tourne en ce moment -…- un
film sur sa communauté de gens du voyage. Ce premier film est réalisé dans le cadre d’un défi jeune et fait suite à sa participation à des films institutionnels consacrés à cette communauté. Loin de ces regards de « Gadjo », (de “non manouche “), le film est un regard unique et intime sur la vie quotidienne des gens du voyage. Le réalisateur vient nous présenter ses premiers rushs pour discuter autour de cette approche encore peu conventionnelle du documentaire : celle d’une vision intérieure du sujet traité.
Intervenant : Rocky, réalisateur du documentaire.
Université Bdx II – Amphi Pitres
17h45 >>> THEATRE/DEBAT
« Misère blanche », de la compagnie du théâtre des Tafurs, (20min)
Adaptation, mise en scène et jeu de François Mauget. Le Sud a perdu le Nord. L’histoire de Yacouba, travailleur immigré, originaire d’une favella des environs de Zurich, rescapé de la nationale 10, actuellement réfugié aux Etats-Unis du Sahel. Une analyse lucide et sans complaisance de la problématique de l’immigration sauvage.Intervenants : à confirmer.
Espace A.R.T
21h >>> SOIREE ARTS DE LA PAROLE
Conte
de Sébastien Blanc, introduction du livre « Littoral » de Wajdi Mouawad
Théâtre, match d’impro de A3CB association de théâtre de Bordeaux III
Slam , Collectif Des peaux d’bilan
 ____________________Mardi 3 avril « Rencontrer et plus si affinités… »
Passe Muraille

• 14h >>> FILM/DEBAT
Alimentation générale, de Chantal Briet, 2005 (85 min)
A la cité de la Source à Epinay sur Seine, dans un centre commercial vétuste menacé de destruction, l’épicerie d’Ali reste l’unique lieu d’échange, un refuge où peuvent se retrouver les habitants du quartier […] Cette chronique émouvante et souvent drôle met en valeur l’importance d’un tel lieu : un petit commerce de quartier où jaillissent encore, malgré les difficultés, la chaleur humaine, le rire, la convivialité. Ce lieu apparaît comme un carrefour de rencontre des identités.Intervenant : Nabil Fares, écrivain.
Médiathèque Mériadeck
17H >>> FILM/DEBAT
Le jour où j’ai vu l’homme blanc, de Marie Correa, 2005 (52 min)
« Il y a quarante ans, sur les rives du Rio Jatoba au Brésil, au milieu de la forêt amazonienne, la tribu de guerriers indiens Ikpeng rencontrait pour la première fois les hommes blancs ». Les Indiens ont fait l’objet de nombreux films dont le point de vue est toujours celui de réalisateurs blancs. Dans ce film, Kumaré, un cinéaste originaire de la tribu, filme ses frères et leur demande de raconter ce moment décisif et irréversible de leur vie. Dans cette version où les rôles sont inversés, nous sommes les étrangers avec nos coutumes et notre culture.
Intervenants : Dragoss Ouedraogo, cinéaste et professeur d’Anthropologie visuelle, Patrick Fermi, ethnopsychanalyste, Frédéric Le Marcis, Maître de Conférence en Anthropologie (Université Bordeaux II).
 
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Mercredi 4 avril « Sensibiliser »
Partenariat avec l’Association « Ni plus ni moins »

Université Bdx II - Amphi Pitres
15h >>> FILM/DEBAT
L’Ecole de Mr Jo, de Clément Gargouillaud et Julien Veyret, 2006 (52 min)
Dans la banlieue bordelaise Joseph Poirier trimballe son camion-école à la recherche de ses élèves. Courant les routes nez au vent dans leurs caravanes ses élèves ont la bougeotte, ce sont les enfants du voyage. Avec son « antenne scolaire mobile », Joseph les pourchasse pour leur faire l’école, élément moteur d’une intégration sereine dans le monde sédentaire. Élevés dans la nature, loin des règles des « gadjos », les petits gitans restent sauvages. Se satisfaisant du savoir de base, ils fuient les établissements scolaires classiques et continuent de vivre en marge de la société.Intervenants : Joseph et Guillaume, instituteurs des Camions Ecole ; Hélène Beaupère, directrice de l’ADAV.
Garage moderne
18h30 >>> EXPOSITION + FILM/DEBAT
« Gypsies of Szsascsàvàs », Exposition Photographique
En 2003, le photographe hollandais Michel de Langeveld a rencontré la communauté Tsigane de Szaszcsavas, située en Transylvanie (Roumanie). Ces photos nous font partager des instants insolites de la vie quotidienne des Tsiganes.
Qui a peur des tziganes roumains ? d’Evelyne Ragot, 1996 (60 min)
Pendant plusieurs mois, Évelyne Ragot suit Leonardo Antoniadis, anthropologue et photographe, dans son travail au sein d’une communauté de tziganes roumains de la banlieue parisienne. Entreprise courageuse mais délicate que de filmer ces gens du voyage, arrivés en France après la révolution roumaine de 1989, le plus souvent en clandestins. Cette chronique sensible illustre la difficulté de la communauté tzigane, ici en France, mais aussi là-bas en Roumanie, à sortir d’une situation de rupture « sociale » qui se manifeste en premier lieu dans leur mode d’occupation marginal de l’espace.Intervenants : Associations Ni plus ni moins et Mine de rien
• 20h30 >>> DANSE/DEBAT
Compagnie Lullaby, travaux de danseurs et solo d’interprètes pour traverser un temps de métisage chorégraphique. Elèves de la formation professionnelle Lullaby Danza Project et autres danseurs, Emilie Egéa, danseuse, le tout chorégraphié par Alain Gonotey. • 22h >>> CONCERT
Comin’soul, soul funk
Narvalo Swing, jazz manouche, swing musette et musique tzigane
Quintet de Noeuds, jazz manouche
 
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Jeudi 5 avril « Faire et défaire »

Maison des Femmes
.15h >>> FILM/DEBAT
La couleur qu’on a derrière les yeux, de Céline Carridroit, 2006 (18 min)

“Le fait qu’il n’y ait rien”, Ferré le disait, “il n’y a plus rien, ce n’est ni une consolation, ni une chose douloureuse, pour moi ça est…” Comment s’échappe-t-on du monde quand on a un esprit lourd à porter ? Grégory Carras nous donne son point de vue sur ce genre de questions qu’un parcours atypique l’a amené à approfondir. C’est avec une certaine poésie que la réalisatrice capte ce tiraillement entre les autres et soi, son monde et le monde, l’intérieur et l’extérieur…tiraillement inévitable dans le processus de quête identitaire.
 La tête dans les toiles, film documentaire de Patrice Rollet, 2004 (47min)
Ce documentaire se penche sur L’Atelier du Non-Faire qui a été créé au sein de l’hôpital Maison Blanche en 1983. A partir de là, les patients se mettent à l’oeuvre, avec des matériaux de récupération, tout est bon pour devenir support de création : papier, cartons, draps…Le film montre le lien qui existe entre création et recherche de son identité, et, donnant la parole aux artistes de l’atelier il permet de remettre en question la notion de folie… http://www.atelierdunonfaire.org/nonfaire.html
Intervenants : Jean Broustra, psychanalyste, Jean Bernard Couzinet, psychologue.
18h00 >>> VERNISSAGE/ PERFORMANCE

Exposition de peinture
, Ismaël Konate et Christian Sabas
Lecture de texte et musique, Violette Villard (texte), Aude (harpe) et C.Sabas (djembé)
 
Performance théâtrale, Xavier
M.A.C.
21h >>> CONCERT
Benkadi,
percussions
Totem Leïka, chansons cuivrées

La rue Bignol, chanson punk et guinguette swing’n'roll
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Vendredi 6 avril « La musique de l’Être »

Athénée Libertaire
• 16h >>> FILM/DEBAT
Afro-punk, film documentaire de James Spooner 2006 (1h06) VOSTF

Afro-Punk, voilà un titre qui résume bien l’état d’esprit de ce documentaire courageux qui bouscule les idées reçues et fait jaillir l’espoir d’un possible métissage culturel dans cette Amérique où la ségrégation pousse les communautés à se replier toujours un peu plus sur elles-mêmes. Mais qu’est ce qui attire ces jeunes afro-américains dans des concerts de rock composés à 99% de musiciens et de spectateurs blancs ? C’est la première question que pose James Spooner (le réalisateur) aux différents protagonistes du film à travers une série de portraits mélangeant musiciens accomplis et anonymes revendiquant leur appartenance à la culture punk-rock et trouvant dans ce mouvement les clés permettant de se libérer de leur « condition de noirs », à travers une démarche politique, musicale et sociale propre à ce courant musical.
Intervenants : Pierrot de “l’Hérétic”.

Cinéma Jean Vigo
• 20h15 >>> APERO MUSICAL
Intervention de la Compagnie Mohein, musique traditionnelle des Balkans

• 21h >>> FILM

Gypsy Caravan, film documentaire de Jasmine Dellal, 2007 (110min)

« Embarquez dans la Gypsy Caravan pour un voyage à travers la musique, la vie et l’héritage de cinq groupes tziganes, issus du monde entier, lors d’une tournée triomphale de six semaines aux Etats-Unis. Les styles musicaux vont du flamenco au violon gitan, de la folk indienne au jazz, représentant ainsi le meilleur de la musique et la diversité du peuple gitan. Le film retrace le portrait de ces musiciens, sur scène et à la ville, dans leurs familles et sur la route. Un voyage riche et initiatique, au sens propre et figuré à travers la culture gitane. »
 

Séminaire « sciences sociales et santé mentale », campus jourdan de l’ENS (séance du mardi 27 Mars 2007de 9h30 à 12 h):

http://www.cmh.ett.ens.fr/hoparticle.php?id_art=24

 

Mark Freestone présentera son travail de terrain, encore inédit, sur la gestion carcérale des détenus considérés comme dangereux et atteint de troubles sévères de la personnalité (UK). Comme il existe encore trop peu d’ethnographie de la prison décrivant l’actuelle rationalisation d’une institution totale, sa contribution méthodologique et théorique est donc fondamentale. La discussion sera assurée par Olivier Doron (Iris, Ehess) et par moi-même (Cirus-Cers, Université de Toulouse). 

Mark Freestone.  Rationalizing the ‘Total Institution’.  In late 2004, I was granted funding by the UK Department of Health to conduct an ethnographic investigation of the new maximum-security Dangerous and Severe Personality Disorder (DSPD) Units in the UK – recently described as ‘psychiatric manifestations of the “risk society”’ – together with some equivalent institutions in the EU. Loïc Wacquant (2002) lamented the recent ‘demise of prison ethnography’, and this study contributes at once to its resurrection whilst also acknowledging that these facilities are far removed from the ‘asylums’ depicted by Erving Goffman in the 1960s. Drawing on structured observations homologous to Goffman’s study but updated by George Marcus’ notion of ‘multi-sited’ ethnography, and utilizing a theoretical framework for the functioning of the institution based upon the work of Pierre Bourdieu, this paper will depict some of the practical and conceptual difficulties encountered in conducting fieldwork in contemporary high-security facilities. I will present an ethnographic description of institutions whose stated intention is not simply to own, but also to transform, the lifeworlds of the inmates within them through a combination of psychological, psycho-social and pharmacological interventions, effecting a total mortification and subsequent recreation of the self. 

INFORMATIONS PRATIQUES : 

Ecole Normale Supérieure «Campus Jourdan » 48 bd Jourdan. 75014 Paris Bâtiment : B. Étage : 2ème. Salle : 8 Accès : métro 4 (Porte d’Orléans), RER B (Cité universitaire), bus PC1 (Jourdan-Tombe Issoire), 38 (Porte d’Orléans), 62 (Tombe Issoire)…

 

 

Structuration de la sociologie de la santé et financement de la recherche :transformations et incidences sur le travail des chercheurs 

 

Mercredi 25 Avril 2007, 9h30 – 17h, à la MSH, 54 Bd Raspail, 75014 Paris (métro Sèvres-Babylone) (La salle sera indiquée dans le hall d’entrée de la MSH) 

 

Les politiques budgétaires propres aux organismes publics de recherche (ministère de la recherche, ANR, CNRS, INSERM, ANRS, universités, etc.) connaissent de profondes mutations qui doivent en partie être comprises en lien avec le financement de la recherche par l’Union européenne (le 7e PCRD, récemment lancé, accorde une place spécifiée aux sciences sociales). Au plan national, le financement de la recherche par l’Etat transite également par les budgets incitatifs alloués à toute une série d’instances insérées dans de grandes administrations sectorielles. Parallèlement, un nombre croissant d’institutions appartenant à d’autres secteurs que celui de la recherche définissent et financent une « demande sociale » polymorphe d’études et de recherches en sociologie de la santé. L’ensemble de ces évolutions s’accompagne du développement exponentiel de la recherche contractualisée. Celle-ci apparaît aujourd’hui vitale tant pour contribuer au budget de fonctionnement des laboratoires et de leurs chercheurs (missions, vacations, documentation, notamment) que pour assurer une rémunération aux jeunes chercheurs ne disposant pas de poste. Ce mode d’insertion sociale de la recherche parcourt la plupart des domaines de recherche, et celui de la sociologie de la santé est l’un de ceux qui s’en trouvent largement irrigué. 

Cette première journée s’intéressera en priorité à la recherche contractualisée en sociologie de la santé - par appels d’offres ou financement de gré à gré - émanant de structures ne faisant pas partie du champ des institutions spécifiquement dédiées à la recherche comme, par exemple, la Haute Autorité en Santé, l’Institut National du Cancer, les directions « techniques » de grandes administrations, les fondations, les collectivités territoriales et certains opérateurs de services. Ces instances appartiennent le plus souvent, mais non systématiquement au domaine de la santé. Les articulations entre les questionnements posés aux chercheurs par les divers bailleurs et les évolutions, les réformes, les politiques publiques dans le champ de la santé méritent d’être examinées et commentées.  

En quoi les modalités de travail, l’orientation intellectuelle et méthodologique, la production scientifique des sociologues de la santé ainsi que la valorisation sociale de leurs travaux apparaissent-elles modelées par ces transformations ? Que pensent les chercheurs - novices ou expérimentés et engagés à divers titres dans des contrats de recherche - des attentes, des intérêts, des espoirs ou des déceptions de ces « nouveaux » demandeurs-financeurs institutionnels ? Comment s’opèrent les mises en correspondance, les compatibilités difficiles et les processus de traduction entre les termes de ces demandes sociales et  les « manières de connaître » propres au milieu de la recherche et au métier de chercheur en sociologie ? Peut-on repérer certaines caractéristiques de la demande adressée aux sociologues de la santé qui contribuent à un déroulement satisfaisant, ou à l’inverse contraint ou heurté, des démarches de recherche ? Le point de vue des chercheurs sera privilégié dans ce débat. 

Par ailleurs, au plan synchronique, il s’agira de s’interroger sur la cohérence et la convergence - ou l’incohérence et la dispersion - des thématiques de recherche soutenues par les organismes financeurs, tous types de bailleurs confondus. Dans ce contexte, comment se présente le sous champ de la recherche contractualisée ne relevant pas des circuits classiques de la recherche publique ? La distinction entre études et recherche voit-elle sa pertinence se reconfigurer ? Les questions effectivement travaillées par les sociologues de la santé dans le cadre de relations contractuelles dessinent-elles un ou plusieurs paysages au sein desquels des thématiques ou objets orphelins pourraient être mis à jour ? Dans une perspective plus diachronique, on cherchera également à caractériser la nature et les ressorts des récentes évolutions en matière de financement et à apprécier la spécificité de la sociologie de la santé, dans cet environnement institutionnel et scientifique mouvant. 

La palette des thèmes de recherche concernée par cette réflexion reste très ouverte et intègre des sujets relatifs aux politiques publiques et au secteur de l’offre de santé (pratiques institutionnelles et professionnelles notamment) ainsi que tout le domaine des conduites profanes (les usagers, les patients, les maladies et les recours, etc.). 

Deux ordres de communications, complémentaires les unes des autres, serviront de point de départ aux discussions. D’un côté, des exemples circonstanciés d’expériences de recherche contractualisée seront présentés. Leurs auteurs s’attacheront tout autant à en explorer la singularité qu’à tenter d’en dégager des enseignements ou questionnements de portée généralisable relatifs aux différentes étapes d’une démarche de recherche (définition du cadre et de la problématique, accès et modalités de présence au terrain, formes de restitution, etc.). De l’autre, seront exposées des communications plus synthétiques et « panoramiques » mettant en outre l’accent sur les évolutions de la décennie écoulée et sur celles pressenties pour l’avenir. 

“Toxicos”

mars 22, 2007

Vient de sortir aux éditions la découverte : Toxicos. Le goût et la peine de Patricia Bouhnik

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« Dépendants », « malades », « marginalisés », « délinquants »… les individus qui associent la consommation de produits psychoactifs avec une précarité de condition ne cessent d’être discrédités, stigmatisés et relégués. Pourtant, derrière cette figure extrême et souvent caricaturée des « toxicos », se cache en réalité un paysage plus contrasté, où le goût – la recherche de plaisir, la gestion des émotions – côtoie la peine : la répression, la précarisation, les violences, les prises de risques, la prison et la mort. Face à la forte actualité mise en scène en termes de sécurité et de santé publique – les politiques publiques tendant à individualiser la « faute » au détriment de la prise en compte collective et à privilégier l’incrimination plutôt que la réduction des risques –, cet ouvrage s’attache à comprendre la manière dont plusieurs générations d’adolescents et de jeunes adultes vivant en quartiers populaires ont rencontré, à partir de la seconde moitié des années 1980, les drogues illicites. À travers de nombreux récits de vie, la reconstitution des interactions observées sur différents territoires (cités de banlieue, quartiers de Paris) et la manière dont les personnes elles-mêmes attribuent du sens à leurs conduites, l’auteur montre comment certaines d’entre elles se construisent autour de ces drogues un véritable monde social, assurant à la fois des fonctions de socialisation, d’échanges sociaux et économiques et de recherche de sensations.