Fabrice FERNANDEZ

Santé et problèmes sociaux

Quand on n’a plus que son corps

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Gisèle Dambuyant-Wargny est sociologue, enseignant-chercheur dans le champ de la précarité et du travail social. Elle vient de publier « Quand on n'a plus que son corps. Soin et non-soin de soi en situation de précarité »

Etre SDF, RMIste, domicilié précaire, ne plus avoir d'existence sociale reconnue : des centaines de milliers de nos concitoyens subissent des situations dont le point commun est qu'ils n'ont plus qu'une seule et ultime ressource, leur propre corps. Mesure-t-on réellement ce que cela signifie ? Non. Parce qu'il faut le vivre pour le savoir, et aussi parce que cela fait trop peur. N'avoir que son corps, c'est devoir tout miser sur lui. C'est l'inscrire, et soi-même avec, dans une trajectoire impitoyable : fonctionnement en "sur-régime" constant, surexploitation, surexposition… entraînant au final, des dégradations irréversibles. Quid alors des "projets d'avenir" ? Gisèle Dambuyant-Wargny a enquêté. Par son approche sociologique, elle dissèque ces logiques de "gestion" du corps précaire que notre société et les divers professionnels ne prennent peut-être pas assez en compte. Préfacé par Georges Vigarello, cet ouvrage éclaire de manière plus générale le corps aujourd'hui : ici, des corps surexploités pour survivre, là des stratégies pour satisfaire aux exigences de performance. Partout, une certaine misère.

Gisèle Dambuyant-Wargny, Quand on n'a plus que son corps, Paris, Armand Colin, 2006 – 240 pages -

Rédigé par fabricefernandez

juin 19, 2006 à 8:40

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