Revue de presse du 27 Avril 2007

LIBERATION explique que " Chez les Indiens nasas, la coca passe de la coke au cola " avec " le succès d'une boisson créée à partir de la " plante sacrée " " qui " pourrait éviter aux paysans d'approvisionner les trafiquants ". Indiquant que les Nasas des Andes du sud ouest colombien ont lancé une boisson jaune pétillante le " coca sek " ou " Coca du soleil ", le journal souligne que parmi les ingrédients il y a une " décoction de la petite feuille verte de coca ", sachant que selon l'un de ses élaborateurs " Coca Sek ne contient aucune drogue (&hellip ;) tout juste quelques nanogrammes des alcaloïdes présents dans la feuille, pour un effet psychotrope nul ". Et il répète " la coca n'est pas la cocaïne comme le raisin n'est pas le vin ". Rappelant que pour les Indiens, la coca est " avant tout un symbole culturel " que l'on consomme en infusion pour combattre le mal d'altitude ou que l'on mâche pour combattre faim et fatigue, le journal observe que dans la région bien des maisons sont entourées de quelques dizaines de pieds de coca mais que jusqu'à il y a peu l'essentiel de ces parcelles était destiné aux trafiquants. D'après le journal, " le succès de la boisson, déjà vendue régionalement au rythme de 30 000 bouteilles par mois (&hellip ;) pourrait faucher l'arbuste sous le pied des narcos : avec près de 13 euros pour une douzaine de kilos de feuilles " soit un prix légèrement supérieur à celui payé par les trafiquants. Le quotidien qui fait état de l'espérance du promoteur de la boisson de permettre à terme aux paysans de ne plus avoir recours aux narcos, en finançant des projets locaux de développement durable et en exportant, souligne que toutefois il faudrait pour cela " lever la prohibition mondiale de commercialisation de la coca ", la convention de Vienne de 1961 n'autorisant l'utilisation de la plante, hors usages médicinaux, que pour " la préparation d'un produit aromatique qui ne contienne aucun alcaloïde ". Estimant que " cette exception (&hellip ;) semble taillée sur mesure pour Coca Cola " dont la boisson est élaborée à partir d'extrait de feuilles décocaïnisé, Libé fait état de l'indignation du président bolivien Evo Morales : " elle est légale pour Coca-Cola mais pas pour nous-mêmes ". D'après le quotidien, la multinationale rejette " toute filiation avec sa recette originale à base de drogue " imitée au 19ème siècle du vin Mariani et elle affirme que le Coca Cola " ne contient aucune trace de cocaïne " ce qui selon les Nasas " ne veut rien dire " car " cocaïne n'est pas coca… "

Zoo humain

avril 27, 2006

 La Pirogue (association d'ethnologie et de sociologie de l'université de Metz) et le Théâtre Universitaire de Metz conjoignent leurs efforts pour créer un "Zoo Humain". Vous trouverez ici le descriptif de l'événement. Ce dernier a une double portée : happening didactique, il s'agit de conjoindre l'art et la science, la monstration et l'information, l'expérience sensible et réflexive autour d'un phénomène encore trop peu connu du public. Deux performances seront organisées dans la journée du 11 mai, au centre de l'ile du saulcy à Metz, de 12h à 14h et de 16h à 18h.  Assurément à ne pas manquer !

http://lapirogue.free.fr

 

  

Cesare Lombroso and Guglielmo Ferrero. Criminal Woman, the Prostitute, and the Normal Woman. Traduit de l’italien avec une nouvelle introduction de Nicole Hahn Rafter et Mary Gibson. Duke University Press, 2004, 320 pp. ISBN : 0822332469

En traduisant pour la première fois en langue anglaise depuis 1895, " La donna delinquente, la prostitute e la donna normale " du père fondateur de la criminologie Cesare Lombroso, Nicole Hahn Rafter et Mary Gibson, respectivement chercheur spécialiste des rapports entre les femmes et la justice et professeur d’histoire de l’Italie du 19ième et des écrits de Lombroso, se sont attachées à mettre un peu d’ordre dans la pensée de ce criminologue.

Non pas tant que ce dernier depuis son ouvrage célèbre sur " le criminel né " n’est pas fait la démonstration de ces méthodes scientifiques, de sa " méthode d’observation à outrance des faits " bien au contraire il a participé à les diffuser à une époque où on le classait parmi les très grands noms de la science. Mais celui-ci alourdit son propos en se répétant, en cumulant une multitude d’exemples durant les plus de 600 pages que comporte l’édition originale. Dés lors la nouvelle traduction et les notes qui l’accompagnent, recontextualisent les analyses Lombrosiennes, soulignent les contradictions de l’auteur, questionnent et critiquent ses propos. En cela, cette nouvelle traduction apporte un éclairage rafraîchissant pour qui s’intéresse à l’histoire de la criminologie. Mais la nouvelle traduction se veut une ouverture au delà de la criminologie permettant d’alimenter le réflexion vers les champs de l’histoire de l’art, des études sur le genre ou encore de la sociologie et de l’anthropologie. Rafter et Gibson ont ôté quelques répétitions, rajouté des illustrations retirées de la première traduction, et bien plus encore traduit la première partie de l’ouvrage concernant " la femme normale " totalement oubliée. Et qui est-elle, pour Lombroso, cette femme normale ? " Intellectuellement et physiquement un homme arrêté dans son développement ". A partir de là tout est dit, la ligne directrice est trouvée et tout est bon pour le prouver : des mythes, des statistiques, des histoires recueillies en prison, des analyses de tatouages, l’anthropométrie, l’anatomie, les " anomalies céphaliques " et la pesée des cerveaux, la psychologie, la phrénologie et la biologie mais aussi des dictons, des anecdotes parfois assez farfelues, des allégories religieuses, des photographies, des proverbes et des phrases tirées de la littérature philosophique ou poétique et bien sûr la comparaison avec le monde animal.

Les comportements criminels des femmes tout comme ceux des hommes tirent leur origine de l’atavisme, la permanence de caractères primitifs qui se reproduisent de nos jours. Tout l’ouvrage basé sur les propres représentations de l’auteur tendra à démontrer que les femmes sont plus féroces et plus cruelles que les hommes et que la prostitution est une pratique héritée des êtres primitifs et sauvages. Bien évidemment et bien heureusement, les théories sur l’atavisme et le criminel né ont été contestées et abandonnées, il reste quand même un petit quelque chose notamment dans l’idée de déceler précocement les futurs comportements délinquants qui mérite notre vigilance [voir] , sans parler de la " naturalisation " des rapports sociaux entre les sexes et des assignations et représentations associées à l’un ou l’autre genre…..

 

Suite aux journées scientifiques interdisciplinaires du réseau " santé et société " qui se sont tenues les 24 et 25 novembre 2005 à la Maison des Sciences de l'Homme de Paris Nord, sur le thème " Corps émotions et santé " , je suis heureux de vous informer que : Emotions, corps et santé : une politique de l'émoi ? Face à Face. Regards sur la santé, n°8, Avril 2006 [version PDF] avec pour édito : "Les enjeux du travail émotionnel dans le champ de la santé" est enfin sorti. Des contributions de sociologues, d'anthropologues, de philosophes, d'historiens sur une thémathique sensible à partir de terrains qui le sont tout autant… Trés bonne lecture